Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /Fév /2010 18:18



A
l'approche
des élections, la droite montre ses muscles sur la sécurité. Cela devient une habitude, presque un réflexe. Et le programme parlementaire d'avant-régionales ne fait pas exception : 9 février, projet de loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (Loppsi 2) en première lecture à l'Assemblée nationale ; 11 février, proposition de loi renforçant la lutte contre les violences de groupe en deuxième lecture au Sénat ; 17 février, projet de loi contre la récidive criminelle en première lecture au Sénat. Un tir groupé qui ne doit rien au hasard.

Ainsi le calendrier parlementaire qui n'avait pas permis l'examen du texte sur la sécurité intérieure préparé par
Michèle Alliot-Marie depuis 2007 s'est-il miraculeusement dégagé pour permettre à son successeur, Brice Hortefeux, non seulement de le défendre à la tribune de l'Assemblée, mais, selon son expression, de le "bodybuilder".

Depuis son arrivée Place Beauvau, en juin 2009, le nouveau ministre de l'intérieur n'a pas manqué une occasion de critiquer le bilan de celle qui l'a précédé à ce poste. S'inspirant de la méthode sarkozyste, M. Hortefeux réagit à chaque fait divers par une annonce, comme si l'existant ne servait à rien. A plusieurs reprises, il s'est aussi permis d'empiéter sur les plates-bandes de sa collègue de la justice. Mme Alliot-Marie a fini par s'en agacer. Poliment d'abord, elle a fait remarquer que les "annonces" de M. Hortefeux correspondaient à des programmes déjà engagés. Plus sèchement ensuite, elle n'a pas hésité à rappeler à son successeur, qui revendiquait une aggravation des peines contre les agresseurs de personnes âgées, que ce n'était pas de son ressort.

Cette querelle interministérielle a quelque peu brouillé le message que voulait faire passer le gouvernement. Du coup, entre le couvre-feu pour les mineurs de 13 ans, le renforcement de la sécurité pour les personnes âgées, le développement de la vidéosurveillance, dite "vidéoprotection", et l'affectation aux forces de police des voitures de forte puissance saisies aux délinquants pour pouvoir "lutter à armes égales" avec ces derniers, difficile de cerner les lignes directrices d'une loi d'orientation qui a tout d'une loi fourre-tout. Peu importe : l'essentiel, pour le gouvernement, est d'occuper le terrain de la sécurité. Et d'engager une classique manoeuvre de prise à revers de la gauche, immanquablement taxée de "laxisme", d'"angélisme", de "naïveté"" voire même d'"irresponsabilité".

Le PS, en désignant comme chef de file sur ce texte Manuel Valls, entouré de Delphine Batho et Jean-Jacques Urvoas, entend prendre le contre-pied du positionnement attendu. "Nous ne voulons plus être dans le vieux schéma dans lequel la droite veut nous enfermer", affirme le député de l'Essonne et maire d'Evry, qui revendique "une culture de l'efficacité". "Nous sentons qu'il est possible de tenir un discours de gauche cohérent sur la sécurité", assure-t-il, même s'il convient que certains sujets "font encore débat chez nous".

Par espoir-a-gauche44.over-blog.org
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